Le travail du métal au marteau

Le travail du métal au marteau

23 janvier 2017 · Savoir-faire

Lorsque l’on imagine un artisan d’art travailler le métal au marteau, il est difficile de ne pas avoir l’image d’une brute qui tape au hasard sur un morceau de ferraille. Pourtant, que l’on soit ferronnier d’art ou joaillier, chaque geste est précis et demande beaucoup de délicatesse.

La finesse des coups de marteau

Les ferronniers d’art (ou forgerons) sont, aujourd’hui, peu nombreux dans le monde. A l’aide de leurs multiples marteaux et du feu, ils passent leurs journées à se battre avec le fer afin de lui donner une forme harmonieuse. Contrairement à ce que l’on peut croire, ces gestes, qui sollicitent de la force, demandent aussi beaucoup de douceur. En effet, chaque geste est intelligemment étudié. C’est aussi le cas pour la dinanderie. Wilfrid Jolly déforme avec un marteau des métaux non ferreux comme le cuivre, l’argent ou le laiton. Sur son enclume, et avec la finesse des coups de marteau, il donne naissance à des objets d’art exceptionnels comme par exemple Eclosion, un magnifique luminaire. Entre l’emboutissage, le planage ou encore le polissage, ce travail long et minutieux demande un savoir-faire unique… mais aussi des gestes délicats. On peut, d'ailleurs, le voir sur cette vidéo. Certains artisans d’art détournent les techniques traditionnelles, comme par exemple Meriadec Le Clainche. Ce sculpteur, formé à la ferronnerie d’art, ne forge son acier qu’à froid. Il travaille aussi beaucoup la soudure afin de décorer ses sculptures uniques, les «oxydovégétalisations» et les «oxydocristallisations».

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Le martelage, un travail d’orfèvre

Dans l’artisanat d’art, le marteau n’est pas seulement réservé aux ferronniers d’art, aux sculpteurs ou aux dinandiers. En effet, beaucoup de joailliers se servent de cet outil pour apporter un effet «martelé» à leurs créations. Olga Prieto, une joaillière espagnole qui travaille au Mexique, bat et repousse le laiton, par des petits coups de marteau répétés, pour donner à certains de ses bijoux un très léger relief. Pour Olga Prieto, «ce sont les empreintes qui signent le bijou». Ronan Pennaneac’h, utilise aussi souvent le marteau de ciseleur, ce qui donne à ses créations un effet «fait à la main», très authentique. Quant à Françoise Zeegers, une joaillière belge, elle a dans son atelier tout l’attirail pour donner une forme élégante à ses bijoux à l’aide d’un marteau : bouterolles, dés à emboutir… Car en plus d’un aspect brut, le marteau peut aussi rendre un bijou parfaitement lisse et arrondi. Pour donner une forme parfaitement harmonieuse à ses pièces, Françoise Zeegers place une plaque de métal dans un des creux du dé à emboutir, puis tape sur une bouterolle… avec un marteau.

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